Mgr Cattenoz répond aux questions sur le séminaire

28 janvier 2020

Pourquoi construire un séminaire alors que le nombre de séminaristes diminue en France ?

La situation du diocèse d’Avignon est atypique en nombre de prêtres et en âge moyen. Si quelqu’un me demande : “combien avez-vous de séminaristes ?” Je réponds toujours : “Je ne sais pas !” Tout simplement parce que je me refuse à compter “nos troupes”, mais je ne cesse de prier le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. Cependant, nous avons des prêtres et leur pyramide d’âge est aujourd’hui redevenue normale. En effet, aux côtés des séminaristes provençaux, nous avons des séminaristes provenant des différentes communautés ou réalités qui œuvrent dans le diocèse et cette diversité d’origine est une richesse pour notre Église.

Nous avons la chance d’avoir dans le diocèse le Studium de Notre-Dame de Vie à Sainte-Garde, une quasi-université catholique. La grande majorité de nos séminaristes y sont formés. Nous avons là une richesse insoupçonnée, nous avons ainsi des prêtres formés à la même école, tout en appartenant à des communautés ou réalités qui sont chacune une richesse complémentaire pour notre Église.

Le Chemin Néocatéchuménal est une réalité nouvelle présente dans le diocèse depuis plus de quinze ans, une réalité reconnue par le Pape Saint Jean Paul II en l’an 2000 « comme un itinéraire de formation catholique, valide pour la société et les temps actuels » puis définitivement approuvé par le Pape Benoît XVI. Saint Jean-Paul II avait demandé au Chemin d’ouvrir des séminaires diocésains missionnaires “Redemptoris Mater” ; il y en a aujourd’hui plus de cent à travers le monde. Dans le diocèse nous avons un tel séminaire depuis plus de dix ans : ce n’est pas une nouveauté ! Il a commencé à Bollène, a migré vers Châteauneuf-de-Gadagne, puis vers Sorgues et aujourd’hui il s’apprête à intégrer des locaux neufs.,

Qui sont les séminaristes, et quelle est leur vocation ?

Dans la nature même des séminaires “Redemptoris Mater”, il s’agit d’un séminaire diocésain et missionnaire. Chaque année, tous les jeunes du Chemin qui, à travers le monde, se lèvent pour répondre à l’appel de l’Église, après un premier temps de discernement, sont envoyés pour une semaine dans le Centre néocatéchuménal d’Italie du Nord en septembre. Au terme de cet ultime temps de discernement, lors d’une grande assemblée, ils sont tirés au sort et envoyés - s’ils donnent leur accord - dans les différents séminaires “Redemptoris Mater” du monde entier, selon les demandes des évêques.

Ils arrivent des quatre coins du monde, issus très souvent des familles nombreuses du Chemin, habités par le désir de servir l’Église dans laquelle ils sont envoyés. Ils apprennent à la connaître et à l’aimer pour mieux la servir. Ils en apprennent la langue et la culture avant même de commencer leurs études. Durant toutes leurs années de séminaire, le discernement continue, et si l’Évêque les appellent à l’ordination, ils seront incardinés dans le diocèse pour le service missionnaire de notre Église ; et si l’évêque le leur demande, ils seront prêts à partir en mission servir une autre Église.

Pourquoi construire un nouveau bâtiment alors que le diocèse possède de nombreux bâtiments ?

Pendant plus de dix ans, ils ont habité dans les lieux que la Providence nous a donné pour eux. Au départ, ils se sont installés à Bollène au Monastères des Sœurs Sacramentines, mais le directeur du Studium nous a demandé très vite de les rapprocher de Venasque. A ce moment-là, un prêtre du diocèse, juste avant de mourir, nous a donné tous ses biens explicitement pour la formation des prêtres. Le séminaire s’est alors installé à Gadagne dans sa maison, et dans la maison paroissiale, dans la mesure où les locaux restaient étroits.

Après bien des années, devant l’urgence de réaliser de gros travaux, nous avons alors décidé de construire un séminaire selon le charisme du Chemin Néocatéchuménal, autour du lieu de la Parole, du lieu de l’Eucharistie et des lieux de la vie communautaire. Un séminaire beau qui marquera profondément les séminaristes tout au long de leur formation ainsi que tous ceux qui y passeront.
Certes, nous avons de nombreux biens immobiliers, mais aucun ne correspondait aux besoins réels d’un séminaire.

Vous partez dans moins d’un an, pourquoi ce séminaire arrive-t-il si tardivement ?

Quand nous avons fait le choix d’aller vers une construction, les sœurs de la Visitation commençaient à réfléchir à la fermeture de leur Monastère de la Visitation Sainte-Marie au Domaine de Guerre à Sorgues, et souhaitaient, avant de partir, faire un don au diocèse. Il y a eu une réflexion de plusieurs années avec la Mère fédérale, la prieure, la fondation des Monastères et le diocèse. Finalement, elles nous ont donné un terrain à côté de leur ancien monastère - repris maintenant par le collège “Marie Rivier” - pour construire un séminaire “Redemptoris Mater” et un centre spirituel pour le diocèse.

Quand l’apport du terrain a été réalisé, le projet de construction a pu commencer à prendre corps. Une équipe a été formée pour s’y atteler. Au départ, nous pensions arriver à trouver de gros donateurset à pouvoir construire un grand séminaire d’une cinquantaine de chambres ; le projet initial aurait eu un coût estimé à 13 millions d’euros. Très vite, nous avons réalisé que nous ne pourrions y arriver et nous y avons vu un vrai signe de la Providence. Nous avons complètement repris le projet, et après un bon moment de tâtonnements, nous nous sommes arrêtés au projet qui est en voie d’achèvement, dont le coût final s’élève à 4 millions d’euros. Tout cela explique pourquoi le séminaire sera inauguré moins d’une année avant mon départ, mais cela n’a aucune importance - rappelez-vous les paroles de Paul : « Paul a semé, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui donne la croissance ! » L’Église traverse les siècles, et nous devons tous continuer à prier le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson.